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lundi 26 janvier 2009      

La figue du nord au sud

 

Spontané sur tout le pourtour du bassin méditerranéen, le figuier alias Ficus carica, de la famille des urticacées (comme l'ortie...) s'aventure rarement au Nord de la Loire. Il remonte pourtant jusqu'en Bretagne et même en Angleterre, et faisait l'objet d'une culture intensive à Argenteuil au XIXème siècle. Moyennant quelques précautions que nous allons ici passer en revue, il est possible de cultiver le figuier presque partout en France, et d'en déguster les fruits.

 

Un mode de végétation particulier
Si le figuier est traditionnellement considéré depuis l'antiquité comme un symbole de fertilité, c'est que dans les pays du pourtour de la Méditerranée, il est sans cesse occupé à la production. Ses rameaux portent toute l'année des fruits ou de jeunes figues en cours de maturation.
Sous nos climats, il subit un arrêt de végétation plus ou moins marqué suivant la rigueur de l'hiver, et ne reprend son cycle qu'au printemps suivant. Pour bien maîtriser la culture du figuier, il est important de comprendre son mode très particulier de végétation.

Une fois que l'arbre est entré en production, les pousses de l'années portent de minuscules petites " figues", directement insérées à l'aisselle des feuilles. Ces figues miniatures, grossissent pendant l'été, et donnent les fruits de la récolte d'automne, la plus importante dans les régions méditerranéennes. En même temps que ces figues grossissent, puis mûrissent, la pousse qui les porte continue de s'allonger. D'autre mini figues, qu'on appelle les "figues-fleurs", apparaissent le long du rameau. Celles là n'auront pas le temps de venir à maturité. L'hiver arrivant, l'arbre se met en repos, et les feuilles tombent. Mais les figues-fleurs ne tombent pas. Elles restent sur l'arbre, et si elles n'ont pas gelé pendant hiver (c'est tout le secret de la réussite des figues dans la zone Nord), elle reprendront leur croissance au printemps suivant, et donneront une récolte au début de l'été.

Culture du figuier
Dans les régions Sud, c'est la récolte des figues d'automne qui est prépondérante, et il n'y a pas de précaution particulière à prendre pour la réussir. Dans la zone Nord, il en va tout autrement. On ne peut compter que sur la récolte d'été, issue des figues-fleurs qui auront réussi à passer l'hiver sans encombre.
Réservez donc au figuier une exposition ensoleillée, contre un mur exposé au sud, car il a besoin de beaucoup de chaleur pour donner des fruits sucrées. Buttez le en hiver, pour que la souche puisse repartir en cas de forte gelée. Le bois du figuier gèle à -15°, mais la touffe se régénère très bien à partir de rejets l'année suivante.
Pour protéger en hiver les précieuses figues-fleurs, liez entre eux les brins de la touffe pour les resserrer, et entourez les d'un plastique "à bulles" garni de paille sèche. Il faut veiller à bien protéger la paille contre la pluie pour lui garder son efficacité, et découvrir début mars, par temps couvert pour éviter les coups de soleil qui brûlent l'écorce.
Le figuier est peu exigeant sur la nature du sol, c'est un des arbres les plus accommodants et les plus robustes qui soient. Le calcaire lui convient bien, ainsi que les sols argilo-siliceux, se réchauffant vite au printemps. Il ne craint pas la sécheresse, mais se trouve bien d'un ou deux arrosages abondants pendant la saison chaude, qui aident au grossissement des fruits.
Un apport régulier de compost bien décomposé, épandu par griffage, soutiendra la production de cet arbre à la végétation généreuse.

Multiplication
Le figuier se multiplie facilement par bouture, à partir d'une partir de bois de l'année muni de son bourgeon terminal, et pourvu d'un peu de bois de deux ans du côté du talon. Mettre en place dans une terre légère, enrichie d'un peu de terreau bien décomposé, et ne laissez pas manquer d'eau la première année pour faciliter la reprise.
Le marcottage réussit également très bien, en couchant au printemps un long rameau souple contre le sol. Sevrer à l'automne, et repiquer comme précédemment. Enfin on peut tout simplement prélever des jeunes rejets à la base de la touffe, il portent souvent un peu de racines à leur empâtement et reprennent très facilement.
Le greffage, en écusson au mois de juin, ou en couronne en juin également, ne présente pas beaucoup d'intérêt, à cause des rejets que va émettre en permanence le porte-greffe. Il se justifie dans le cas d'un arbre sauvage donnant des fruits de mauvaise qualité, mais que l'on veut conserver parce qu'il est bien implanté dans le jardin. Il faudra alors le mener sur une seule tige, en supprimant systématiquement tout les rejets à la base.

Taille
Il n'est pas nécessaire de procéder à une taille de fructification, les pousses nouvelles portant chaque année des figues fleurs puis une récolte. On se contente d'une taille d'entretien pour supprimer les rameaux âgés, au port retombant, et favoriser les jeunes repousses fertiles.
Dans les régions septentrionales, il est préférable de garder à la touffe un encombrement réduit, pour pouvoir la protéger efficacement en hiver. Les figues fleurs mûrissant sur le bois de deux ans, on pratique une taille en cépée, en supprimant au début de l'hiver toutes les pousses ayant fructifié. Les pousses de l'année sont conservées, elles portent les figues de l'été prochain, et de nouveaux rejets apparaîtront au printemps qui assureront le renouvellement.
On peut aussi mener le figuier "en espalier" contre un mur pour lui garantir l'ensoleillement maximum. Les rameaux latéraux sont guidés le long du mur, les autres seront supprimés pour maintenir une forme plate.

Maladies
Le figuier est peu sujet aux problèmes phytosanitaires, surtout en culture d'amateur. Les principaux ennemis sont la cochenille, qui peut affaiblir considérablement les arbres. Traitez aux huiles blanches (non complétées d'insecticides de synthèse), comme phytane, ou Oliosans.
La mouche de la figue sévit en pondant ses oeufs dans l'oeil du jeune fruit. Celui ci pourrit rapidement, et tombe avant maturité. La lutte, comme pour toutes les mouches des fruits, est assez difficile au niveau amateur. Détruire les fruits atteints dès le début de l'attaque. Dans les régions de production, on peut connaître les dates des vols grâce aux stations de la protection des végétaux, et traiter juste au bon moment avec un insecticide à base de rothénone.

Les variétés
Il existe deux types de figuiers. Les variétés unifères, qui donnent une récolte à l'automne, et les variétés bifères, qui donnent une première récolte à partir des figues fleurs de l'année précédente, suivi dans les climats chauds d'une seconde récolte en automne.

Blanquette, ou marseillaise :
Commune dans le Sud-ouest et le Midi. épiderme jaune verdâtre, chair rose pâle très sucrée, pour la production d'automne. Unifère
D'Argenteuil, ou Versaillaise Blanche :
Epiderme jaune verdâtre, chair blanche très sucrée. Rustique, bien adaptée au climat parisien. Bifère.
D'Abondance, ou Franque paillarde :
Fruit brun foncé, à chair rose saumoné, juteuse, moyennement sucrée. Bifère
Dauphine
Fruit gros, violacé à chair rose, juteuse, sucrée. Bifère
Barnissotte, ou Boursajotte :
Fruit violet à chair ferme, production d'automne pour le midi. Unifère
La Célestine ou cavalière :
Variété traditionnelle du Sud-ouest, épiderme gris violacé, une des meilleures figues primeur. Bifère.
 

"la culture du figuier à Argenteuil"

Pour pouvoir les protéger facilement contre le froid, on cultivait les figuiers dans de larges tranchées peu profondes. Les arbres étaient plantés obliquement sur un des talus, et taillés de manière à former une touffe de branches souples. Aux premiers froids, on effeuillait les dernières feuilles, puis on couchait les arbres en les attachant au fond de la tranchée, et on les recouvrait de paille sèche et d'une couche de feuilles à décomposition lente (platane). Au printemps, on découvrait les arbres, par temps gris pour leur éviter les brûlures.
Cette méthode est la meilleure qui soit pour assurer la récolte des figues-fleurs dans les régions septentrionales, et rien ne vous empêche de vous y essayer. En 1890, on estime qu'à Montreuil 70ha de vergers étaient consacrés à cette culture du figuier.

  
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La dernière mise à jour de ce site date du 26/01/09